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    August 27

    MAIS D'OU VIENNENT CES EXPRESSIONS IMAGEES ?

    C'est la fin des haricots", "Avoir un nom à coucher dehors", "Poireauter 107 ans"... On utilise ces phrases sans jamais se poser la question de leur sens originel. Alors, la dernière fois que notre mère m’a dit « tu me cours sur le haricot », -qu’avais-je encore fait ce jour-là  Surpris ???-  je me suis posé la question et suis allée chercher pour vous quelques significations à ces petits mystères de notre langue...

     

       Il me court sur le haricot

     

    Cette expression familière est née à la fin du XIXe siècle. Elle signifie que quelqu'un nous agace beaucoup. "Courir quelqu'un" signifiait déjà au XVIe siècle "l'importuner". Quant au "haricot", il correspondait, en argot, à un "orteil". Qui plus est, on l'utilisait également sous la forme "haricoter" qui signifia tout d'abord "être mesquin", puis "importuner".

       Arriver à la bourre

     

    Tout le monde sait que cette expression signifie "arriver en retard". Mais que vient faire "la bourre" dans la tournure de phrase ? Autrefois, "être à la bourre" signifiait que l'on était pauvre, dans la misère. Cette expression serait née d'un jeu de cartes appelé "bourre". Celui-ci pouvait se jouer à 2, 3 ou 4. Tous les joueurs misaient la même somme, et le tout était ensuite partagé entre eux en fonction du nombre de plis que chacun avait levé. Lorsque l'un d'eux n'avait fait aucune levée, on disait alors qu'il était "bourru". Au fil des manches, il était possible de ramasser un bon paquet d'argent, si bien que celui qui "bourrait" était celui qui avait perdu toute sa fortune, qui avait pris du retard dans le nombre de plis amassés. Par extension, "être à la bourre" est entré dans le langage courant pour signifier qu'une personne est en retard.

       Poireauter 107 ans

     

    "Bon, tu te dépêches oui ? Je vais pas poireauter 107 ans !"

    Cette expression signifie bien sûr attendre très longtemps. Mais pourquoi utilise-t-on le nombre 107, et pas 52 ou 406 ans ? En fait, il semblerait que la construction de la cathédrale Notre-Dame de Paris ait duré 107 ans. C'est de là que viendrait l'expression. Quant à poireauter ou "faire le poireau", il faut savoir qu'au milieu du XIXe siècle, l'expression était en réalité "planter son poireau". Elle provenait sans doute de la locution "rester planté", qui sous-entend l'immobilité et l'inactivité. "Faire le poireau" signifie que l'on reste droit et immobile à attendre longuement.

       Avoir un nom à coucher dehors

     

    Aujourd'hui, cette expression signifie avoir un nom difficile à prononcer ou à retenir.

    Son origine est assez surprenante. Elle provient en effet d'une époque où lorsqu'une personne était perdue et devait demander le gîte à des inconnus, il valait mieux pour elle qu'elle ait un nom à résonance "chrétienne" pour que quelqu'un accepte de lui offrir un endroit où passer la nuit. Il en était de même dans les auberges où les personnes dont le nom était le plus bourgeois avaient le plus de chances d'obtenir une chambre. En revanche, les autres devaient dormir dehors. Le sens de l'expression est aujourd'hui différent, même si elle a toujours une valeur assez négative.
    L'armée napoléonienne serait une autre origine possible. Elle était composée de nombreux soldats recrutés lors des campagnes à l'étranger. Lors des stationnements dans des villes, les habitants étaient tenus d'héberger les officiers titulaires d'un billet de logement. Certains de ces officiers avaient des noms de consonance étrangère, ils pouvaient passer pour des ennemis. On disait qu'ils avaient des "noms à coucher dehors avec un billet de logement".

    Ressources photos © Getty Images

     

    Un des nombreux sites d'expressions de la langue française : ICI 

     

     

    A suivre si vous le voulez bien... Rire

     

     

    Comments (11)

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    Nicowrote:
    Un billet super intéressant !! Merci ! A bientôt
    Sept. 6
    Patwrote:
    Oui, oui , c'est un sujet intéressant ...je viendrai pour la suite ....A bientôt ..
    Aug. 28
    Instructif et amusant , tout ce que j' aime . Merci du passage sur mon blog !
    Amitiés Merca
    Aug. 28
    Tu parles le cheval :
    C'est, depuis le XIXème siècle, s'exprimer de manière incorrecte, en ne respectant aucune syntaxe. Depuis, l'expression s'est surtout exportée au Québec. La communication, plutôt mauvaise, est souvent liée à l'équidé. Tandis que l'expression j'en parlerai à mon cheval équivaut à « ce que tu dis ne m'intéresse pas ! »
    Avoir le pied à l'étrier :
    Ici, l'étrier symbolise l'échelle de l'ascension sociale. A partir du XVIIème siècle, l'expression signifie se trouver dans une situation idéale pour réussir. Deux siècles plus tard, on a vu apparaître les formules mettre le pied à l'étrier, mettre à quelqu'un le pied à l'étrier ou encore le remettre en selle. Trois locutions synonymes d'aider quelqu’un.
    Prendre le mors aux dents :
    Née au XVIème siècle, cette expression fait allusion au cheval qui, en coinçant le mors entre ses dents, ne répond plus aux ordres de son cavalier. Il est alors impossible de le freiner. La locution a évolué à la fin du XVIIème siècle et désigne au figuré une personne qui se met énergiquement à la tâche.
    Dîner avec les chevaux de bois
    Synonyme de « sauter le dîner », l’expression semble faire référence depuis le XVIème siècle au manège des chevaux qui tourne et jamais ne s'arrête. Comme un repas qui passerait toujours sous le nez.
    Troquer son cheval borgne pour un cheval aveugle :
    Autrement dit « faire une mauvaise affaire ». L'expression, apparue au XVIIème siècle, trouverait ses origines dans le monde paysan. A l'époque, le cheval, animal cher et utile, servait de monnaie d'échange lors d'un troc. La formule vendre son cheval pour trouver de l'avoine, tombée en disgrâce, revêt le même sens à une nuance près : la personne qui opère la transaction passe ici pour stupide.
    Christelle qui veut, elle aussi, apporter une pierre dans tes expressions
    Aug. 27
    Un ours mal léché :
    C’est ce comporté comme quelqu’un de grossier. L’expression date du XVIIème siècle et tiendrait son origine d’une croyance populaire voulant que l’ourson, à sa naissance, serait informe. Sa mère le façonnerait en le léchant abondamment. En réalité, si l’ourse lèche son petit, c’est pour le laver et stimuler son transit intestinal. L’idée reçue est pourtant restée, jouant sur le contraste du travail léché (minutieux) et mal léché (vite fait, mal fait). L’ours mal léché a donc été synonyme, jusqu’au XVIIème siècle, d’un homme au physique grossier ou d’un enfant mal formé. Le sens de l’expression s’est transposé au domaine moral. L’ours mal léché est devenu l’ours mal élevé, recherchant la solitude, selon le caractère irascible et sauvage de l’animal !.
    Vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué :
    Aujourd’hui, les huit espèces d’ours existantes sont protégées dans le monde. En France, on dénombre tout juste une dizaine d’ours bruns vivant dans les Pyrénées. Plus question de le tuer ! Le proverbe, répandu dès le XIXème siècle, doit beaucoup à la fable de Jean de La Fontaine, l’Ours et les deux compagnons. Il signifie qu’il ne faut pas disposer d’une chose avant d’être assuré de la posséder ni se flatter trop tôt d’un succès. Au XVème siècle, on disait aussi : marchander la peau de l’ours jusqu’à ce que la bête soit morte.
    Tourner comme un ours en cage :
    L’histoire de l’ours est inséparable de sa capture par l’homme, son unique prédateur. Quand il n’était pas chassé pour sa fourrure, cet animal redouté était exhibé dans les foires, zoos ou cirques, baladé avec un anneau dans les narines et une chaîne autour du cou… L’expression, qui apparaît au milieu du XIXème siècle, renvoie exactement à ce contexte de captivité. C’est alors que l’ours, par rage impuissante et impatiente, marche de long en large derrière ses grilles. Cette locution, précédée par « se dandiner à la manière d’un ours en cage », a une variante qui est plus récente : tourner comme un lion en cage.
    Faire le pavé de l’ours :
    On trouve cette expression dans une fable de La Fontaine, l’Ours et l’amateur de jardins, où l’on voit que l’ours, lorsqu’il se veut notre ami n’en reste pas moins redoutable. Voulant chasser une mouche qui risquait d’empêcher un homme de dormir paisiblement, l’ours lui écrase un pavé sur la figure ! Faire le pavé de l’ours, c’est donc commettre une maladresse en voulant rendre service.
    La grande ourse :
    La constellation la plus célèbre du cosmos a engendré de nombreuses légendes. La grande ourse serait l’une des conquêtes de Zeus nommée Callisto. S’étant attiré les foudres de son épouse Héra, le dieu de l’Olympe doit trouver un moyen de cacher son amante. Il transforme la jeune nymphe en ourse. L’histoire n’est pas finie…Arcas, le fils de Callisto et de Zeus, parti en chasse à l’ours, a failli tuer sa propre mère. Zeus change à son tour Arcas en petit ours. Pour mettre sa mère et son fils à l’abri, il les tire dans le ciel par la queue. C’est pourquoi elle est si longue aujourd’hui.
    Bernie et les filles qui ont étudié quelques expressions dont certaines ont également fait l'objet de nos billets
    Aug. 27
    Mitchî Mwrote:
    Bonsoir vous. Je ne demande qu'à suivre pas à pas, ces origines d'expressions. C'est interressant et on oublie trop souvent le pourquoi des choses.
    Aug. 27
    Titannick Lwrote:
    Pour alimenter le débat dans une direction que vous excuserez d'avance, il faudrait sans doute piocher dans le dico spécial expressions vulgaires pour connaitre l'origine de la signification de l'expression :
    "Ca me trou le c.. !"
    waowwww j'ai honte !! LOL
    Bisous
    Aug. 27
    Super intéressant ce billet ! Moi j'en reste baba (au rhum ???) d'en apprendre autant en si peu de temps. Un grand merci pour cet espace de culture ! En parlant de l'armée napoléonienne, j'ai entendu dire que le mot bistrot (bar) a été ramené par les soldats de la campagne de Russie. En russe bistro signifie vite et c'est ce que nos soldats écoutaient le plus dans ces tavernes (ils devaient être pressés de boire en Russie à cause du froid) et l'ont associé à un bar puis importé chez nous... faut quand même que je le vérifie. Gros bisous aux deux !
    Aug. 27
    héhé!! c'est vrai que certaines expressions sont savoureuses!le gag ma fille que je surnomme bobette!fait rigoler les canadiens car pour eux c'est une petite culotte!! !et d'autres balourdises que j'ai faites sans le savoir!! bisous et bonne après midi!! !!
    Aug. 27
    Je "suis médusée" Régine !!!
    Aug. 27
    Je ne suis pas à la bourre pour mettre un com sous ce billet...j'espère ne pas avoir non plus un nom à coucher dehors, ni t'avoir fait poireauter 107 ans..merci pour ces explications..super!
    Aug. 27

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