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September 14 J'AIME PAS L'AMOUR !
Je suis comme Olivia Ruiz qui grince, charrie, persifle, raille et déraille avec « J’aime pas l’amour »…
Je ne sais pas quel bougre peu recommandable a inventé l’amour, mais il mérite de griller jusqu’à la fin des temps dans des flammes inextinguibles tout en grelottant de froid jusqu’à la moelle des os. Ou alors, pire, de regarder des clips des 2B3 jusqu’à la fin du monde. Même pas les feux de l’amour (pas le feuilleton, mais les dommages collatéraux d’une histoire qui finit mal en général), sont trop doux pour lui.
L’amour, c’est sans doute un troubadour qui a dégotté ça dans un coin de sa tête, trouvant coquet ce substantif qui rime avec toujours, autour, retour, bonjour, Cabourg… Tout le chabadabada, quoi. Alors que pour moi, la meilleure, la plus immédiate, la plus juste rime avec amour, c’est « au secours » ! L’amour c’est comme les hors-d’œuvre en architecture. C’est joli, mais ce n’est pas fondamentalement utile. En matière de rapports humains, on peut aimer l’art nouille, avec ses volutes, ses surcharges, ses friselis, ses détours. On peut aussi lui préférer le Bauhaus, avec lignes épurées, design fonctionnel et angles droits.
S’insinuant comme une fuite de gaz, l’amour au début, ça se faufile sur une mélodie du bonheur, sur des notes allègres, ça évoque les petits cupidons fessus jusqu’à en oublier que la flèche dans le cœur, ça fait saigner. On y arrive, mais les premiers temps sont angéliques. Les petits nuages tapis volants pas encore collants, les serments, les promesses et les projets solides croit-on comme des sarments.
On se tricote un avenir au point de riz, en pensant à celui qu’on se prendra sur la tête le jour du mariage, ou qu’on fera cuire pilaf si on choisit de ne pas mêler l’Etat à ces ébats. On se rejoue la vie en rose. Funeste erreur, puisque le rose, ça se salit presque aussi vite que le blanc. Ce doit être pour cela que les robes de mariées, on ne les porte qu’une seule fois, d’autant que ça ne passe pas en machine. Et un rose qui vire au gris, ça fout le blues. C’est la définition de l’amour en somme. Ca commence façon barbapapa, ça continue hollywoodien, et une fois sur l’Everest c’est la dégringolade dantesque jusqu’à la septième porte de l’enfer… Et, en plus, le tarif du péage est exorbitant !!!
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